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Depuis la semaine dernière, des crocodiles viennent perturber la quiétude du Capitole.

Pourtant depuis mars dernier, notre Hôtel de ville se voulait la maison des Bisounours : pas de rupture avec la précédente majorité, pas de chasse aux sorcières à l’encontre du personnel municipal, peut-être un brin de fermeté envers les prostituées, les précaires, les gens du voyage, mais rien d’important donc puisque ces personnes ne sont pas des électeurs potentiels.

Le Maire de Toulouse, est toujours, et, est  déjà en campagne électorale donc, rien ne doit heurter,

La ville qui protège façon Comtesse de Ségur…

Tout était si calme, avant l’arrivée des crocodiles…

Le projet crocodiles est une bande dessinée  de Thomas Mathieu, qui met en scène des hommes prédateurs ( les crocodiles) dans le quotidien des femmes : harcèlements verbal et/ ou  physique, viol, agression.

Ces planches, écrites à partir de témoignages réels, ont pour but de susciter les prises de conscience, des réactions , ce sont des supports pour amorcer les discussions.

Et là l’objectif a été atteint mais hors sujet. Des discussions il y en a eu et ce n’est pas terminé :  d’abord au sein du bureau de la commission de la cohésion sociale sur la pertinence de ces supports : des élu(e)s choqué(e)s « par la violence des témoignages et la BD ! » : oui un viol, mesdames et messieurs les élus, c’est violent !

« Mais a-t-on besoin de tout montrer, de tout dire ? »

Et voilà l’éternel débat, dire, ne pas dire, montrer, ne pas montrer.

Une question simple : comment les victimes  peuvent-elles dire si nous les enfermons dans le silence, dans le correct, dans le pas choquant,  dans le policé ?

Le projet  crocodiles ne sera pas présenté demain à Toulouse.

Nous aurons droit à des litanies de chiffres et de mots dénonçant les violences faites aux femmes, tout cela bien aseptisé au formol de la bienséance.

La bienséance, c’est de cela dont il est  question : ne pas choquer, c’est  le credo des élus toulousains de la majorité municipale.

Bienséance, et hypocrisie : « le projet ne sera pas présenté car il n’était pas possible d’anticiper  sur le public ».

Rien n’obligeait à ce que cette exposition soit réalisée sur l’espace public, mais pouvait l’être dans un lieu où ce travail aurait été accompagné…

Des arguments de façade  pour dissimuler un positionnement idéologique.

Lutter contre les violences faites aux femmes,  oui, certes , ma chère, mais avec le code MST.( mocassin, serre-tête) .

A ce train là, les crocodiles ont de beaux jours devant eux .

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