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2017 a ramené le débat sur la question des rythmes scolaires . Le Gouvernement a décidé de laisser le choix aux communes pour l’organisation des 24 h de cours hebdomadaires.

En conséquence, 1/3 d’entre elles a décidé de revenir au dispositif Darcos en vigueur à la rentrée 2008.

Pas étonnant, puisque le nouveau ministre travaillait au cabinet de Darcos.

Donner la liberté aux maires pour organiser la semaine de classe, c’est vouloir gangréner la loi de refondation de l’école de 2012 et s’opposer idéologiquement à son essence.

Retour en 2012.

La loi de Refondation de l’école, qui avait fait l’objet d’une large réflexion avec tous les partenaires du monde éducatif, (sportif, culturel, parents d’élèves, médecins), posait enfin le constat que la réussite scolaire n’est pas le seul fait de l’école et que les enseignants n’en sont pas les seuls acteurs.

On n’apprend pas qu’à l’école.

Un des facteurs de réussite scolaire réside dans la possibilité pour un enfant d’être confronté à plusieurs formes d’apprentissages : à l’école, mais aussi ailleurs et différemment : pratiquer des activités sportives, appréhender les différents formes de culture, s’approprier les lieux culturels, en étant accompagnés par des éducateurs qui ne soient pas des enseignants.

En répartissant les 24h de classe sur 9 demi-journées, la journée de classe plus courte dégageait du temps pour faire du sport, s’essayer aux pratiques artistiques, aller au musée…

Ainsi tous les enfants allaient pouvoir bénéficier d’activités éducatives, activités réservées jusqu’alors à un nombre restreint : apprendre autrement et ailleurs pour s’épanouir.

Cette loi donnait obligation aux communes de mettre en place ces activités éducatives.

La mise en place des activités périscolaires ouvrait des champs d’apprentissages totalement nouveaux pour bon nombre d’élèves afin d’établir l’égalité des chances.

2017, retour vers 2008.

Désormais les communes peuvent choisir  et revenir à la semaine de 4 jours de classe. Le « hors temps scolaire » est dévolu à l’arbitrage des maires.

Le projet politique national est abandonné, l’Etat n’est plus le garant de l’organisation de l’école primaire.

Décision idéologique, mais également démagogique : 50% des enseignants étaient défavorables à la réforme des rythmes scolaires.

 

Un effet d’aubaine. 

Pour les maires hostiles à la réforme, l’occasion était trop belle : eux qui avaient retardé au maximum la modification des rythmes scolaires se sont adaptés en 2 mois sans rechigner. Rejet idéologique, encore, pour les uns : l’école pour apprendre et ensuite « c’est le rôle des parents ». Choix électoraliste pour d’autres : de la voirie plutôt que des CLAE, et l’annonce de la fin des contrats aidés qui a dû convaincre les « gestionnaires » indécis.

Cinq ans c’est trop peu pour convaincre du bien fondé d’une réforme, pour en mesurer les effets : un autre ministre aurait pu laisser du temps, voire partager l’objet de la réforme, mais pas ce ministre, lui qui était déjà à la manœuvre de 2007 à 2012. Pas ce ministre et pas ce gouvernement qui délibérément se positionne dans la continuité du gouvernement Fillon en matière d’éducation.

 

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