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Lutte Contre Les Discriminations

Le 9 mars et les jours d’après ?

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Voilà que le 8 mars m’agace ! 8 mars, Journée internationale de la Femme ?

Cette journée m’exaspère : serait-ce les effets du temps qui passe et n’amène aucune avancée significative en matière d’égalité de genre depuis plus de 40 ans ?

Adoptée en 1977 par l’ONU cette journée qui devait être un temps de bilan sur la situation des femmes dans le monde, bilan et temps de revendication, est devenue au fil du temps, au mieux le marronnier du mois de mars, pour le pire une journée de marketing politique et commercial.

Le marronnier : nous avons eu hier notre quota de pourcentages, de statistiques, de rappel historique. Bien évidemment c’est utile, mais tout au long de l’année, c’est le silence média: la vraie définition du marronnier !Les actions militantes passent désormais au deuxième plan, même dans la presse locale, aucun éclairage particulier sur les actions de telle ou autre association féministe.

En ce 8 mars , j’aurais même apprécié un « coup » de marketing politique : un engagement pris à faire respecter la loi sur l’égalité salariale. Il serait temps ! Je rappelle la première date : 1972 ; plusieurs ont suivi jusqu’à celle de 2001 (loi Genisson), la dernière en 2014.

Hélas, que retenir cette année : l’interview du président de la République dans un hebdo féminin et l’annonce de Madame Kosciusko-Morizet de sa candidature à la primaire LR : je vous laisse apprécier les avancées sur l’égalité de genre.

Faire respecter les lois? Quand et par qui ?

Yvette Roudy , ministre des Droits des Femmes de François Mitterrand doit désespérer ; après les avancées des années 80, la création de l’Assemblée des femmes en 1992 l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas encore réelle : nous le savons, dès lors qu’il n’y a pas une volonté politique forte, les lois ne s’appliquent que modérément, voire partiellement.

S’engager à faire appliquer la loi sur l’égalité salariale ? Qui aura cette volonté politique ?

Cela ne se fera pas dans un avenir proche, hélas : à la lecture du projet de réforme du code du travail, ce sont les salariées qui paieront le plus lourd tribut , notamment sur la possibilité de fractionner le temps de repos quotidien : envisagez comment la grande distribution s’emparera de cette aubaine pour réduire la masse salariale!

Voilà pourquoi je désespère et suis agacée par ce 8 mars qui est devenu un jour de communications et de prêches oubliés dès que prononcés. Un peu comme les visites au salon de l’agriculture, passage obligé, paroles envolées, temps obligatoire du politiquement correct mais dénué de volonté réelle.

Le 8 mars n’est plus  « La Journée internationale des Droits des Femmes », elle est devenue par abus langagier, « la Journée internationale de la Femme ».

Une journée donc pour « fêter » la femme… et non pour dénoncer toutes les discriminations dont elles sont victimes. D’un acte politique on a glissé en 40 ans vers le marketing. Marketing politique, mais aussi commercial : un hebdomadaire, se revendiquant féministe, fait la liste « des choses à faire pour la Journée de la Femme » ; le champs lexical des actions répertoriées laisse rêveuse: «  chouchouter » , «  fleurir », « zapper car la télécommande nous appartient ! ».

J’ai cru lire le « Modes et Travaux »  de ma mère en 1960 ; je ne citerai pas tous les mails des enseignes envoyés hier : produits de beauté, vêtements, soins esthétiques…

Notre pays a régressé : la France en cette fin de quinquennat n’a plus de ministère du Droit des Femmes. Je ne doute pas des convictions féministes de la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes, mais le symbole fort d’un ministère des Droits des Femmes de plein exercice est mis à mal. De plus, il aurait été pertinent que la ministre évalue en ce 8 mars l’application de la loi du 4 août 2014, indique ses orientations pour son application effective. Mais là grand silence…

Cependant, il existe depuis le dernier remaniement, un secrétariat d’Etat à l’Égalité réelle…(du nom de la loi de 2014)

« Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots » disait J. Jaurès

 

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Tout était si calme, avant l’arrivée des crocodiles …

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Depuis la semaine dernière, des crocodiles viennent perturber la quiétude du Capitole.

Pourtant depuis mars dernier, notre Hôtel de ville se voulait la maison des Bisounours : pas de rupture avec la précédente majorité, pas de chasse aux sorcières à l’encontre du personnel municipal, peut-être un brin de fermeté envers les prostituées, les précaires, les gens du voyage, mais rien d’important donc puisque ces personnes ne sont pas des électeurs potentiels.

Le Maire de Toulouse, est toujours, et, est  déjà en campagne électorale donc, rien ne doit heurter,

La ville qui protège façon Comtesse de Ségur…

Tout était si calme, avant l’arrivée des crocodiles…

Le projet crocodiles est une bande dessinée  de Thomas Mathieu, qui met en scène des hommes prédateurs ( les crocodiles) dans le quotidien des femmes : harcèlements verbal et/ ou  physique, viol, agression.

Ces planches, écrites à partir de témoignages réels, ont pour but de susciter les prises de conscience, des réactions , ce sont des supports pour amorcer les discussions.

Et là l’objectif a été atteint mais hors sujet. Des discussions il y en a eu et ce n’est pas terminé :  d’abord au sein du bureau de la commission de la cohésion sociale sur la pertinence de ces supports : des élu(e)s choqué(e)s « par la violence des témoignages et la BD ! » : oui un viol, mesdames et messieurs les élus, c’est violent !

« Mais a-t-on besoin de tout montrer, de tout dire ? »

Et voilà l’éternel débat, dire, ne pas dire, montrer, ne pas montrer.

Une question simple : comment les victimes  peuvent-elles dire si nous les enfermons dans le silence, dans le correct, dans le pas choquant,  dans le policé ?

Le projet  crocodiles ne sera pas présenté demain à Toulouse.

Nous aurons droit à des litanies de chiffres et de mots dénonçant les violences faites aux femmes, tout cela bien aseptisé au formol de la bienséance.

La bienséance, c’est de cela dont il est  question : ne pas choquer, c’est  le credo des élus toulousains de la majorité municipale.

Bienséance, et hypocrisie : « le projet ne sera pas présenté car il n’était pas possible d’anticiper  sur le public ».

Rien n’obligeait à ce que cette exposition soit réalisée sur l’espace public, mais pouvait l’être dans un lieu où ce travail aurait été accompagné…

Des arguments de façade  pour dissimuler un positionnement idéologique.

Lutter contre les violences faites aux femmes,  oui, certes , ma chère, mais avec le code MST.( mocassin, serre-tête) .

A ce train là, les crocodiles ont de beaux jours devant eux .

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